Droit bancaire au Maroc

Le droit bancaire marocain est régi par la Loi 103-12 du 24 novembre 2014 (refonte de la Loi 34-03). Bank Al-Maghrib supervise 78 banques et établissements financiers.

Par The Legal Seed·Mis à jour le 11 juillet 2025·Lecture : ~12 min

Le droit bancaire au Maroc est principalement codifié dans la Loi 103-12 du 24 novembre 2014 (Dahir n° 1-14-193), relative aux établissements de crédit et organismes assimilés. Cette loi a remplacé la Loi 34-03 de 2006 et a renforcé les pouvoirs de Bank Al-Maghrib (banque centrale du Maroc, créée en 1959, refondée par la Loi 40-17 de 2019). Elle a également transposé les recommandations de Bâle III (ratios de solvabilité, liquidité).

Le Maroc compte 24 banques (dont 7 à capitaux étrangers) et 54 établissements financiers (sociétés de financement, sociétés de cautionnement mutuel, etc.). Les principales banques sont Attijariwafa Bank, Banque Centrale Populaire (BCP), Bank of Africa (BMCE), Banque Marocaine du Commerce et de l'Industrie (BMCI), Crédit Agricole du Maroc (CAM), Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), Société Générale Maroc, CIH Bank, Al Barid Bank, CFG Bank, Bank Assafa, Umnia Bank, Bank Al Yousr.

Le droit bancaire marocain s'articule autour de 4 axes : la régulation (Bank Al-Maghrib), les opérations (crédit, compte, moyen de paiement), la protection du consommateur (médiation, taux d'usure), et le contentieux (tribunal de commerce).

The Legal Seed vous propose un guide complet du droit bancaire marocain : agrément, opérations, crédit, compte, taux d'usure, médiation, contentieux. Chaque section cite les articles exacts et la réglementation de Bank Al-Maghrib.

1. Bank Al-Maghrib et la régulation bancaire

Bank Al-Maghrib (BAM) est la banque centrale du Maroc, créée par le Dahir n° 1-59-233 du 30 juin 1959 (loi sur la banque centrale), modifié par la Loi 40-17 de 2019 (Statut de la Banque Centrale). Elle a succédé à la Banque d'État du Maroc (créée en 1907 par le Protocole d'Algésiras).

Les missions de Bank Al-Maghrib (art. 6 Loi 40-17) :

  • Définir et conduire la politique monétaire : fixation du taux directeur (actuellement 2,50 % depuis juin 2022), opérations d'open market, réserves obligatoires
  • Veiller à la stabilité financière : supervision des banques, surveillance macro-prudentielle
  • Émettre la monnaie fiduciaire : billets et pièces (en dirhams MAD)
  • Gérer les réserves de change : environ 350 milliards MAD (août 2024)
  • Superviser les établissements de crédit : agrément, contrôle, sanctions
  • Veiller au bon fonctionnement du système de paiement : compensation, RTGS,-mobile payment
  • Conseiller le gouvernement : avis sur les projets de loi économique
  • Les instruments de la politique monétaire :

  • Taux directeur : 2,50 % (avances à 7 jours)
  • Taux de prêt à 24 heures : 2,00 %
  • Taux de prise en pension : 3,00 %
  • Réserves obligatoires : 4 % des dépôts (en dirhams), 30 % en devises
  • Opérations d'open market : achat/vente de bons du Trésor
  • Les pouvoirs de supervision de Bank Al-Maghrib (art. 50 à 70 Loi 103-12) :

  • Agrément des établissements de crédit (art. 50)
  • Contrôle sur place : inspections annuelles
  • Contrôle sur pièces : analyse des documents comptables et prudentiels
  • Sanctions : avertissement, blâme, sanction pécuniaire (jusqu'à 1 million MAD), interdiction d'activité, retrait d'agrément
  • Réglementation : circulaires, notes d'instruction
  • Pouvoir de règlement des difficultés : administrateur provisoire, plan de redressement
  • Les ratios prudentiels (recommandations de Bâle III transposées) :

  • Ratio de solvabilité (CET1) : minimum 9 % (4,5 % Bâle III + 4,5 % tampon de conservation)
  • Ratio de liquidité (LCR) : minimum 100 % (actifs liquides / sorties de fonds à 30 jours)
  • Ratio de levier : minimum 3 % (fonds propres / total exposition)
  • Ratio de financement stable net (NSFR) : minimum 100 %
  • Le Comité de Bâle a admis le Maroc dans le groupe des pays « compliance-monitoring » depuis 2018, en reconnaissance de l'adoption des standards Bâle III.

    Les publications de Bank Al-Maghrib :

  • Rapport annuel : situation économique et financière
  • Rapport sur la stabilité financière (depuis 2017)
  • Rapport sur la supervision bancaire (annuel)
  • Bulletins trimestriels : statistiques monétaires et financières
  • Circulaires : réglementation bancaire
  • L'organisation de Bank Al-Maghrib :

  • Gouverneur : nommé par le Roi pour 6 ans (actuellement Abdellatif Jouahri, depuis 2009)
  • Wali (Vice-Gouverneur) : nommé pour 6 ans
  • Conseil de Bank Al-Maghrib : 10 membres (Gouverneur, Wali, 3 représentants du gouvernement, 5 personnalités nommées par le Roi)
  • Direction générale : 1 500 agents environ
  • Bank Al-Maghrib est indépendante du gouvernement depuis la réforme de 2019 (Loi 40-17). Le Gouverneur ne reçoit d'instructions ni du gouvernement ni d'aucune autre autorité. Le budget est autonome (ressources : intérêts sur les crédits aux banques, placements de réserves de change).

    24 banques + 54 établissements financiers

    Bank Al-Maghrib supervise 78 établissements. Ratio CET1 minimum 9% (Bâle III + tampon). Indépendante depuis Loi 40-17 de 2019.

    Sources juridiques :

    art. 6 Loi 40-17art. 50 Loi 103-12Dahir 1-59-233 de 1959Loi 40-17 de 2019Loi 103-12 de 2014

    2. L'agrément des banques au Maroc

    L'agrément des banques au Maroc est régi par les articles 50 à 65 de la Loi 103-12. Il est délivré par Bank Al-Maghrib après une procédure stricte.

    Les types d'établissements de crédit (art. 1 Loi 103-12) :

  • Banques universelles : effectuent toutes les opérations de banque (dépôt, crédit, moyen de paiement)
  • Sociétés de financement : spécialisées (crédit à la consommation, crédit-bail, affacturage)
  • Sociétés de cautionnement mutuel : garanties
  • Banques participatives : conforme à la Charia (Loi 103-12, titre IV)
  • Établissements de paiement : services de paiement (transfert, monnaie électronique)
  • Les conditions d'agrément (art. 50) :

  • Forme juridique : SA (société anonyme) de droit marocain, ou succursale d'une banque étrangère
  • Capital minimum :
  • - Banque universelle : 100 millions MAD (art. 51)

    - Société de financement : 50 millions MAD (selon activité)

    - Banque participative : 100 millions MAD

    - Établissement de paiement : 5 millions MAD (selon activité)

  • Fonds propres : minimum 100 millions MAD pour les banques
  • Actionnaires : « honorabilité, compétence et expérience » (art. 52). Bank Al-Maghrib vérifie les antécédents des principaux actionnaires (> 5 % du capital)
  • Dirigeants : « honorabilité, compétence et expérience » (art. 53). Curriculum vitae à fournir
  • Programme d'activité : description des opérations envisagées, prévisions financières à 3 ans
  • Organisation interne : contrôle interne, conformité, gestion des risques
  • Gouvernance : conseil d'administration, comité d'audit, comité des risques
  • La procédure d'agrément (art. 50 à 55) :

  • Demande à Bank Al-Maghrib
  • Dossier : statuts, programme d'activité, identité des actionnaires, business plan
  • Instruction par la Direction de la Supervision Bancaire : 6 mois maximum
  • Décision du Conseil de Bank Al-Maghrib : agrément ou refus motivé
  • Notification au demandeur dans les 8 jours
  • Publication au Bulletin Officiel
  • Immatriculation au Registre du Commerce
  • Le délai moyen est de 6 à 12 mois. En cas de refus, le demandeur peut former un recours gracieux auprès du Conseil de Bank Al-Maghrib (délai 30 jours). En cas de rejet du recours, le demandeur peut saisir le tribunal administratif de Rabat (art. 90 Loi 103-12).

    L'extension d'agrément (art. 56) : pour effectuer de nouvelles opérations (banque participative, banque en ligne, etc.), la banque doit demander une extension d'agrément. Procédure simplifiée (3 mois).

    Le retrait d'agrément (art. 60 à 65) peut être prononcé par Bank Al-Maghrib pour :

  • Cessation d'activité depuis plus de 6 mois
  • Renonciation de l'établissement
  • Non-respect des conditions d'agrément
  • Insuffisance de fonds propres
  • Sanction disciplinaire (faute grave)
  • La procédure de retrait :

  • Notification à l'établissement avec motifs
  • Délai de réponse de 30 jours
  • Décision motivée du Conseil de Bank Al-Maghrib
  • Liquidation : administrateur provisoire nommé par Bank Al-Maghrib
  • Radiation du Registre du Commerce
  • Les banques étrangères au Maroc (art. 57 à 59) :

  • Une banque étrangère peut s'installer au Maroc sous forme de succursale (sans personnalité juridique propre) ou de filiale (SA de droit marocain)
  • L'agrément est soumis aux mêmes conditions que les banques marocaines
  • Bank Al-Maghrib vérifie l'agrément de la banque mère dans son pays d'origine et son contrôle par l'autorité de tutelle
  • Les banques participatives (titre IV Loi 103-12, art. 73 à 95) :

  • Conformes aux principes de la Charia (interdiction de l'intérêt, du Gharar, du Maysir)
  • Produits spécifiques : Mourabaha (achat-revente avec marge), Ijara (location avec option d'achat), Musharaka (participation), Mudaraba (gestion de capitaux)
  • Agrément spécifique (art. 73)
  • Comité Charia obligatoire (art. 80) : 3 à 7 membres, contrôle de la conformité des produits
  • 5 banques participatives au Maroc : Bank Assafa, Al Akhdar Bank, Umnia Bank, Bank Al Yousr, BTI Bank
  • Les conventions de partenariat (art. 66 à 72) :

  • Les banques marocaines peuvent signer des conventions de partenariat avec des institutions financières étrangères
  • Bank Al-Maghrib doit être informée au préalable
  • Pas d'agrément spécifique, mais vérification de l'absence de risque systémique
  • Capital minimum banque : 100 millions MAD

    Banque universelle : 100 M MAD. Société de financement : 50 M MAD. Établissement de paiement : 5 M MAD. Banque participative : 100 M MAD.

    5 banques participatives

    Bank Assafa, Al Akhdar Bank, Umnia Bank, Bank Al Yousr, BTI Bank. Produits : Mourabaha, Ijara, Musharaka. Comité Charia obligatoire (art. 80).

    Sources juridiques :

    art. 1 Loi 103-12art. 50 Loi 103-12art. 51 Loi 103-12art. 60 Loi 103-12art. 73 Loi 103-12art. 80 Loi 103-12

    3. Le crédit bancaire au Maroc

    Le crédit bancaire au Maroc est régi par les articles 1 à 25 de la Loi 103-12, la Loi 34-08 sur le crédit hypothécaire (2010), et la réglementation de Bank Al-Maghrib. C'est l'opération bancaire la plus encadrée.

    Les types de crédit :

  • Crédit immobilier (Loi 34-08 de 2010) :
  • - Durée : max 30 ans (35 ans pour les primo-accédants avec accord Bank Al-Maghrib)

    - Apport minimum : 0 % (avec assurance logement en cas de défaut)

    - Taux : variable (généralement 5 à 7 %) ou fixe

    - Frais de dossier : 2 000 à 5 000 MAD

    - Assurance décès-invalidité : 0,3 à 0,5 %/an du capital restant dû

    - Délai de rétractation : 7 jours (art. 5 Loi 34-08)

    - Tableau d'amortissement obligatoire (art. 7)

    - Remboursement anticipé possible avec indemnité max 6 mois d'intérêts (art. 11)

  • Crédit à la consommation :
  • - Crédit affecté : lié à un achat (voiture, électroménager)

    - Prêt personnel : non affecté, durée max 60 mois

    - Crédit renouvelable : carte de crédit, réserve d'argent

    - Découvert autorisé : sur compte courant

    - Montant maximum : 200 000 MAD pour les prêts personnels (art. 19 Loi 34-08)

    - Taux : variable, généralement 8 à 16 % (plafonné par le taux d'usure)

  • Crédit-bail (leasing) (art. 1 Loi 103-12, décret 2-95-537) :
  • - Contrat par lequel une banque achète un bien et le loue à un client

    - Le client a une option d'achat en fin de contrat

    - Durée : 3 à 7 ans

    - Avantage : déductibilité fiscale des loyers

    - Types : immobilier, mobilier (véhicules, équipements)

  • Crédit aux entreprises :
  • - Crédit de trésorerie : court terme (< 1 an), financement du cycle d'exploitation

    - Crédit d'investissement : moyen/long terme (5 à 10 ans), financement d'actifs

    - Escompte commercial : avance sur factures

    - Crédit documentaire : pour le commerce international

    - Ligne de crédit : autorisation de découvert plafonnée

  • Crédit participatif (Musharaka) pour les banques participatives :
  • - Participation au capital d'une entreprise

    - Partage des profits et des pertes

    - Conforme à la Charia

  • Affacturage (factoring) (Loi 28-01 de 2001) :
  • - Cession de créances commerciales à un factor

    - Avance immédiate du montant des créances

    - Type : avec ou sans recours

    Les conditions d'octroi de crédit (réglementation BAM) :

  • Analyse de la capacité de remboursement : taux d'endettement < 40 % des revenus
  • Apport personnel : 10 à 30 % du prix pour les crédits immobiliers
  • Garanties : hypothèque, caution, gage, nantissement
  • Assurance : décès-invalidité-incapacité obligatoire pour les crédits immobiliers
  • Le taux d'endettement (recommandation BAM) :

  • Maximum 40 % des revenus nets du ménage
  • Pour les crédits immobiliers : possible d'aller jusqu'à 50 % avec accord de la banque
  • Pour les crédits à la consommation : max 30 %
  • Le coût total du crédit (TAEG) :

  • TAEG immobilier : 5,5 à 7,5 % (variable) ou 6,5 à 8,5 % (fixe)
  • TAEG consommation : 8 à 16 % (plafonné par taux d'usure)
  • TAEG crédit-bail : 7 à 9 %
  • TAEG auto : 6 à 9 %
  • Le TAEG doit être obligatoirement indiqué dans le contrat (art. 7 Loi 34-08). Il comprend : taux d'intérêt nominal, frais de dossier, frais d'assurance, frais de garantie.

    L'information du client (art. 4 à 9 Loi 34-08) :

  • Fiche d'information précontractuelle : remise au moins 10 jours avant la signature
  • Tableau d'amortissement : détaillé par échéance
  • Indicateur de coût : TAEG et coût total du crédit
  • Délai de rétractation : 7 jours pour les crédits immobiliers, 14 jours pour les crédits à la consommation
  • Le surendettement :

  • Le Maroc n'a pas de procédure de surendettement spécifique (contrairement à la France avec la Banque de France)
  • En cas de non-paiement : procédure de saisie (art. 481 à 510 CPC)
  • Possibilité de renégociation avec la banque
  • Le juge peut accorder des délais de grâce (max 2 ans, art. 119 CPC)
  • Taux d'endettement max : 40%

    Recommandation BAM : taux d'endettement max 40% des revenus nets. 50% pour immobilier (avec accord). 30% pour consommation.

    Délai de rétractation : 7 jours

    Crédit immobilier : 7 jours de rétractation (art. 5 Loi 34-08). Consommation : 14 jours. Fiche d'information précontractuelle obligatoire.

    Sources juridiques :

    art. 1 Loi 103-12art. 4 Loi 34-08art. 5 Loi 34-08art. 7 Loi 34-08art. 11 Loi 34-08art. 19 Loi 34-08art. 119 CPC

    4. Le compte bancaire au Maroc

    Le compte bancaire au Maroc est régi par les articles 487 à 510 du Code de Commerce et la Loi 103-12. Le compte bancaire est un contrat par lequel une banque tient, au nom de son client, un registre des opérations (dépôts, retraits, virements).

    Les types de comptes :

  • Compte courant (art. 488 Code Commerce) :
  • - Compte de dépôt à vue

    - Permet les opérations courantes : virement, prélèvement, chèque, carte bancaire

    - Rémunéré : non (sauf convention particulière)

    - Peut être débiteur (découvert autorisé) ou créditeur

    - Peut être individuel ou joint (compte commun)

  • Compte sur livret (art. 489) :
  • - Compte d'épargne rémunéré

    - Disponibilité immédiate

    - Plafonné : 200 000 MAD pour les particuliers

    - Taux de rémunération : 1,5 à 2,5 % (libre, mais avec fiscalité spécifique)

  • Compte à terme (art. 490) :
  • - Dépôt bloqué pour une durée déterminée (3, 6, 12, 24 mois)

    - Taux fixé au moment de l'ouverture

    - Pénalités en cas de retrait anticipé

    - Taux généralement supérieur au compte sur livret

  • Compte-chèques postal :
  • - Tenu par Barid Al-Maghrib (Poste marocaine)

    - Conditions similaires au compte courant bancaire

    - Avantage : pas de frais de tenue de compte

  • Compte en devises :
  • - Pour les résidents et non-résidents disposant de revenus en devises

    - Réglementation des changes stricte (autorisation Office des Changes)

    - Types : compte en devises, compte en dirhams convertibles, compte en dirhams ordinaires

  • Compte de paiement (Loi 103-12 titre III) :
  • - Compte pour les services de paiement (transfert, monnaie électronique)

    - Tenu par un établissement de paiement (non bancaire)

    - Plafonds : 15 000 MAD/mois (compte de paiement standard), 30 000 MAD/mois (compte avancé)

    L'ouverture d'un compte (art. 491) :

  • Pièces requises : carte d'identité (ou passeport), justificatif de domicile, formulaire KYC (Know Your Customer)
  • Personnes physiques : 1 à 7 jours ouvrables
  • Personnes morales : statuts, registre de commerce, identité du gérant, 15 jours
  • Personnes sous tutelle/curatelle : autorisation du juge des tutelles
  • Le secret bancaire (art. 29 Loi 103-12) :

  • Les banques sont tenues au secret professionnel
  • Le secret couvre : les comptes, les opérations, les informations sur le client
  • Le secret est opposable à tous, sauf :
  • À l'administration fiscale (loi 24-09 de 2009 sur la lutte contre la fraude fiscale)
  • À la justice (sur commission rogatoire)
  • À Bank Al-Maghrib (art. 29 al. 3)
  • À l'Unité de Traitement du Renseignement Financier (UTRF) (Loi 43-05 sur le blanchiment)
  • À l'Office des Changes pour les opérations en devises
  • La violation du secret bancaire est sanctionnée pénalement : 1 à 6 mois de prison et 10 000 à 50 000 MAD d'amende (art. 89 Loi 103-12).

    Le droit au compte (art. 96 Loi 103-12) :

  • Toute personne a droit à l'ouverture d'un compte bancaire
  • En cas de refus par une banque, la personne peut saisir Bank Al-Maghrib
  • Bank Al-Maghrib désigne une banque qui a l'obligation d'ouvrir le compte
  • Le compte est limité aux opérations de base (dépôt, retrait, virement)
  • La clôture du compte :

  • Par le client : à tout moment, sans préavis
  • Par la banque : préavis minimum 60 jours (art. 102 Loi 103-12)
  • La banque peut clôturer le compte pour motif légitime : incident de paiement répété, fraude, activité illicite
  • Le fichage (art. 102 à 110 Loi 103-12) :

  • Centrale des risques : gérée par Bank Al-Maghrib, recense les incidents de paiement (chèques sans provision, crédits impayés)
  • Fichage : interdiction d'émettre des chèques pendant 5 ans (art. 313-1 Loi 15-95 Code Commerce)
  • Certificat de régularisation : délivré après régularisation de l'incident
  • Possibilité de contestation devant le tribunal de commerce
  • Les frais bancaires (réglementation BAM) :

  • Tenue de compte : 0 à 240 MAD/an (selon banque)
  • Carte bancaire : 100 à 500 MAD/an (selon type)
  • Virement : 20 MAD (national), 100-300 MAD (international)
  • Prélèvement : 5 à 20 MAD
  • Découvert : taux d'agios 8 à 12 %
  • Frais de retrait DAB concurrent : 5 à 10 MAD
  • La plafond des commissions bancaires est fixé par circulaire de Bank Al-Maghrib (n° 18/G/2013). Les banques doivent afficher leurs tarifs en agence et sur leur site internet.

    Le droit de rétractation (art. 7 Loi 31-08 sur la protection des consommateurs) : le client peut résilier un contrat bancaire dans les 14 jours suivant la signature, sans frais ni pénalité.

    Secret bancaire : exception fiscale

    Depuis Loi 24-09 (2009), l'administration fiscale peut accéder aux comptes. Le secret bancaire reste opposable aux autres, sauf justice et BAM.

    Droit au compte

    Article 96 Loi 103-12 : toute personne a droit à un compte bancaire. En cas de refus, saisir BAM qui désigne une banque obligée d'ouvrir.

    Sources juridiques :

    art. 488 Code Commerceart. 489 Code Commerceart. 491 Code Commerceart. 29 Loi 103-12art. 89 Loi 103-12art. 96 Loi 103-12art. 102 Loi 103-12art. 313-1 Loi 15-95

    5. Le taux d'usure au Maroc

    Le taux d'usure au Maroc est régi par les articles 1751 à 1754 du Code Général des Impôts (CGI) et les circulaires de Bank Al-Maghrib. C'est le taux maximum qu'une banque peut pratiquer pour un crédit. Au-delà, l'opération est sanctionnée pénalement.

    Le principe (art. 1751 CGI) : est usuraire tout prêt conclu à un taux supérieur au taux d'usure fixé par Bank Al-Maghrib.

    La fixation du taux d'usure (art. 1752 CGI) :

  • Bank Al-Maghrib fixe trimestriellement le taux d'usure par catégorie de crédit
  • Le taux d'usure est publié au Bulletin Officiel
  • Il est calculé à partir du taux moyen pondéré (TMP) des crédits accordés par les banques au cours du trimestre précédent, majoré d'un tiers
  • Les taux d'usure en vigueur (4ème trimestre 2024, à titre indicatif) :

  • Crédit immobilier : 9,75 %
  • Crédit à la consommation : 13,75 %
  • Crédit automobile : 11,50 %
  • Crédit de trésorerie : 11,00 %
  • Crédit-bail immobilier : 10,25 %
  • Crédit-bail mobilier : 11,50 %
  • Découvert en compte courant : 12,25 %
  • Crédit par cautions mutuelles : 11,50 %
  • Prêt personnel : 14,50 %
  • Crédit renouvelable : 16,50 %
  • La sanction du taux d'usure (art. 1754 CGI) :

  • Pénale : emprisonnement de 6 mois à 3 ans et amende de 20 000 à 200 000 MAD
  • Civile :
  • Le contrat de prêt reste valable
  • Les intérêts excédant le taux d'usure sont réduits au taux d'usure
  • Le prêteur peut être condamné à restituer les intérêts perçus en trop
  • Fiscale : les intérêts usuraire ne sont pas déductibles fiscalement
  • La prescription de l'action en restitution des intérêts usuraire est de 5 ans (art. 106 DOC) à compter de chaque échéance.

    La preuve du taux d'usure :

  • Le contrat de prêt doit obligatoirement indiquer le TAEG (Taux Annuel Effectif Global)
  • Le TAEG doit être comparé au taux d'usure en vigueur au moment de la signature
  • Le client peut demander à la banque la communication du tableau d'amortissement détaillé
  • Les exceptions au taux d'usure (art. 1751 al. 2 CGI) :

  • Crédits à la consommation de moins de 3 mois : non soumis au taux d'usure
  • Crédits aux entreprises de plus de 5 millions MAD : non soumis
  • Découverts en compte courant d'entreprises : soumis à un taux d'usure spécifique
  • Le contrôle du taux d'usure :

  • Bank Al-Maghrib contrôle les banques (art. 50 Loi 103-12)
  • En cas de manquement, BAM peut prononcer des sanctions disciplinaires : avertissement, blâme, sanction pécuniaire (max 1 million MAD), interdiction d'activité
  • Le procureur du Roi peut poursuivre pénalement sur dénonciation de BAM ou du client
  • Le contentieux du taux d'usure :

  • Le client peut saisir le tribunal de commerce pour demander la restitution des intérêts excédentaires
  • Le délai de prescription est de 5 ans à compter de chaque échéance
  • La preuve incombe au client, mais le juge peut ordonner la communication des documents bancaires
  • L'assurance-emprunteur :

  • L'assurance décès-invalidité-incapacité est obligatoire pour les crédits immobiliers
  • Le coût de l'assurance doit être inclus dans le TAEG
  • L'assurance ne peut pas faire passer le TAEG au-delà du taux d'usure
  • Le droit à l'oubli (Loi 43-14 de 2016, art. 4) : les emprunteurs ayant eu un cancer peuvent ne pas déclarer leur ancienne pathologie à l'assurance après un délai de 10 ans (5 ans pour les cancers diagnostiqués avant 21 ans).

    Les clauses abusives (Loi 31-08 sur la protection des consommateurs, art. 19) :

  • Sont réputées abusives les clauses qui créent un déséquilibre significatif entre les parties
  • Exemples : taux variable sans plafond, indemnité de remboursement anticipé > 6 mois d'intérêts, clause de dénonciation unilatérale
  • Le juge peut prononcer la nullité de la clause abusive
  • Les pratiques commerciales trompeuses (Loi 31-08, art. 23 à 27) :

  • Publicité mensongère sur le taux (affichage d'un taux nominal au lieu du TAEG)
  • Manœuvre visant à dissimuler le coût total du crédit
  • Sanction pénale : 1 à 7 ans de prison et 200 000 à 1 million MAD d'amende
  • Taux d'usure immobilier : 9,75%

    Taux maximum légal pour un crédit immobilier (T4 2024). Consommation : 13,75%. Automobile : 11,50%. Fixé trimestriellement par BAM.

    Usure = prison 6 mois à 3 ans

    Sanction pénale : 6 mois à 3 ans + 20 000 à 200 000 MAD d'amende (art. 1754 CGI). Intérêts excédentaires à restituer. Prescription 5 ans.

    Sources juridiques :

    art. 1751 CGIart. 1752 CGIart. 1754 CGIart. 106 DOCart. 50 Loi 103-12art. 19 Loi 31-08

    6. La médiation bancaire au Maroc

    La médiation bancaire au Maroc est régie par les articles 122 à 132 de la Loi 103-12 et le Décret n° 2-17-566 du 28 février 2018. C'est un mécanisme de règlement amiable des litiges entre les banques et leurs clients.

    Le médiateur bancaire :

  • Institué par la Loi 103-12 (2014)
  • Operational depuis 2018
  • Indépendant des banques
  • Gratuit pour le client
  • Nomination par le Conseil de Bank Al-Maghrib pour 4 ans renouvelables
  • Personnalité reconnue dans le domaine juridique ou financier
  • Le champ de compétence :

  • Litiges entre un client particulier ou PME et une banque
  • Plafond : 200 000 MAD
  • Domaines couverts :
  • Opérations de compte (frais, calcul des intérêts, clôture)
  • Crédit (refus d'octroi, conditions, taux)
  • Moyens de paiement (carte, chèque, virement)
  • Épargne (compte sur livret, compte à terme)
  • Assurance-emprunteur
  • Services bancaires en ligne
  • Les exclusions :

  • Litiges entre professionnels (entreprises > 10 salariés ou CA > 10 millions MAD)
  • Litiges relevant d'une autre instance (justice, arbitrage)
  • Litiges déjà tranchés par un juge
  • Litiges > 200 000 MAD
  • Litiges > 5 ans (prescription)
  • La procédure de médiation (art. 122 à 132 Loi 103-12) :

  • Saisine du médiateur : par le client (formulaire en ligne ou courrier). Pièces :
  • - Identité du demandeur

    - Coordonnées de la banque

    - Description du litige

    - Pièces justificatives (contrats, relevés, courriers)

    - Preuve de la tentative de règlement amiable avec la banque

  • Recevabilité : le médiateur vérifie la recevabilité (compétence, délai, pièces) dans les 15 jours
  • Information de la banque : la banque dispose de 30 jours pour répondre
  • Enquête : le médiateur peut demander des documents complémentaires à la banque et au client
  • Médiation : audition des parties (séparément et/ou ensemble), propositions de règlement
  • Avis : le médiateur émet un avis motivé dans les 90 jours (renouvelable 30 jours)
  • Notification : l'avis est notifié aux deux parties
  • L'avis du médiateur :

  • Non contraignant : les parties sont libres de l'accepter ou de le refuser
  • Le client dispose de 30 jours pour accepter ou refuser
  • En cas d'acceptation par les deux parties, l'avis devient exécutoire (engagement contractuel)
  • En cas de refus, le client conserve le droit de saisir le tribunal
  • Les statistiques (Médiateur Bancaire, 2023) :

  • 3 247 saisines en 2023
  • 2 124 dossiers recevables (65 %)
  • 1 567 avis émis
  • Taux d'acceptation : 71 %
  • Domaines les plus saisis : frais bancaires (32 %), crédit immobilier (24 %), cartes bancaires (18 %), virements (12 %)
  • Durée moyenne de traitement : 78 jours
  • Le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) :

  • Organisme professionnel des banques marocaines
  • Édicte des recommandations (déontologie, bonnes pratiques)
  • Convention d'application de la médiation bancaire (signée par toutes les banques)
  • Permet aux banques de s'engager à respecter l'avis du médiateur en cas d'acceptation par le client
  • La médiation AMMC (Autorité Marocaine du Marché des Capitaux) :

  • Pour les litiges relatifs aux produits financiers (OPCVM, actions, obligations)
  • Mécanisme distinct de la médiation bancaire
  • Procédure similaire
  • La médiation Centre Régional d'Investissement (CRI) :

  • Pour les litiges entre investisseurs et administrations
  • Compétence élargie aux litiges bancaires pour les entreprises
  • Médiateur régional d'investissement
  • Les alternatives à la médiation :

  • Réclamation auprès de la banque : préalable obligatoire (15 jours)
  • Saisine de Bank Al-Maghrib : pour manquement réglementaire (mais pas pour litige commercial)
  • Saisine du tribunal de commerce : pour les litiges > 200 000 MAD ou après échec de la médiation
  • Saisine du tribunal de première instance : pour les particuliers en matière civile
  • Arbitrage : si clause compromissoire au contrat
  • Le rôle de Bank Al-Maghrib dans le contentieux bancaire :

  • Bank Al-Maghrib n'arbitre pas les litiges individuels
  • Toutefois, en cas de manquement réglementaire d'une banque, BAM peut prononcer des sanctions
  • Les réclamations déposées auprès de BAM sont examinées pour vérifier le respect de la réglementation
  • En cas de violation, BAM peut infliger des sanctions disciplinaires (art. 90 Loi 103-12)
  • Taux d'acceptation médiation : 71%

    3 247 saisines en 2023, 65% recevables. Durée moyenne : 78 jours. Plafond : 200 000 MAD. Gratuit pour le client.

    Avis non contraignant

    Le médiateur émet un avis motivé dans les 90 jours. Si les deux parties acceptent (30 jours), l'avis devient exécutoire. Sinon, le tribunal reste possible.

    Sources juridiques :

    art. 122 Loi 103-12art. 132 Loi 103-12Décret 2-17-566 de 2018art. 90 Loi 103-12

    7. Le contentieux bancaire au Maroc

    Le contentieux bancaire au Maroc est porté devant les juridictions de droit commun (tribunal de commerce, tribunal de première instance). Le tribunal de commerce est compétent pour les litiges entre une banque et un commerçant ou une entreprise. Le tribunal de première instance est compétent pour les litiges entre une banque et un particulier (consommateur).

    Les principaux contentieux :

  • Contentieux du crédit :
  • - Refus d'octroi : pas d'action possible (liberté contractuelle), sauf si discrimination

    - Taux d'usure : action en restitution des intérêts excédentaires (art. 1754 CGI)

    - Frais abusifs : action en suppression des frais non justifiés (art. 19 Loi 31-08)

    - Tableau d'amortissement erroné : action en rectification et restitution

    - Refus de remboursement anticipé : action en exécution forcée

  • Contentieux du compte :
  • - Frais de tenue de compte abusifs : action en restitution

    - Clôture abusive : action en dommages-intérêts (préavis 60 jours, art. 102 Loi 103-12)

    - Refus d'ouverture : action en droit au compte (art. 96 Loi 103-12)

    - Opérations non autorisées : action en restitution

  • Contentieux du moyen de paiement :
  • - Carte bancaire : contestation d'une opération frauduleuse (art. 312-1 Loi 15-95 Code Commerce). Délai : 13 mois. Plafond : 1 200 MAD

    - Chèque sans provision : action pénale (art. 317 Code Commerce) + civile (recouvrement)

    - Virement mal exécuté : action en restitution

    - Opposition injustifiée : action en dommages-intérêts

  • Contentieux de l'assurance-emprunteur :
  • - Refus d'indemnisation : action en exécution du contrat d'assurance

    - Fausse déclaration : action en nullité du contrat (art. 19 Loi 17-99)

    - Augmentation de prime : action en suppression si non justifiée

  • Contentieux du crédit immobilier :
  • - Taux d'intérêt : contestation du TAEG

    - Frais de dossier abusifs : action en restitution

    - Indemnité de remboursement anticipé : action en suppression si > 6 mois d'intérêts (art. 11 Loi 34-08)

    - Clause abusive : action en nullité

    La procédure :

  • Tentative de règlement amiable (préalable obligatoire depuis 2018) :
  • - Réclamation écrite auprès de la banque (15 jours pour réponse)

    - Saisine du médiateur bancaire (90 jours)

    - Possibilité de conciliation devant le président du tribunal de commerce

  • Saisine du tribunal :
  • - Tribunal de commerce : pour les commerçants et entreprises

    - Tribunal de première instance : pour les particuliers (consommateurs)

    - Procédure ordinaire : assignation, plaidoiries, jugement (24 mois en moyenne)

    - Procédure de référé : pour les demandes urgentes (non sérieusement contestables), 2 à 4 mois

  • Voies de recours :
  • - Appel : dans les 30 jours devant la cour d'appel

    - Pourvoi en cassation : dans les 30 jours devant la Cour de Cassation

    La charge de la preuve :

  • Le client doit prouver le préjudice et le lien de causalité
  • La banque doit prouver le respect de la réglementation
  • Le juge peut ordonner la communication de pièces (art. 51 CPC)
  • Le juge peut désigner un expert (art. 61 CPC) pour les questions techniques
  • La prescription :

  • Compte courant : 5 ans (art. 53 Loi 103-12)
  • Crédit : 5 ans (art. 53)
  • Intérêts bancaires : 5 ans (art. 53)
  • Action en restitution des frais abusifs : 5 ans
  • Action en nullité d'une clause : 5 ans
  • Les sanctions spécifiques aux banques (art. 89 à 95 Loi 103-12) :

  • Sanctions disciplinaires (BAM) :
  • Avertissement
  • Blâme
  • Sanction pécuniaire (max 1 million MAD)
  • Interdiction d'exercer certaines opérations
  • Retrait d'agrément
  • Sanctions pénales :
  • Usure : 6 mois à 3 ans de prison, 20 000 à 200 000 MAD d'amende (art. 1754 CGI)
  • Blanchiment : 2 à 10 ans de prison, 100 000 à 4 millions MAD d'amende (Loi 43-05)
  • Faux en écriture : 5 à 10 ans de prison (art. 350 Code Pénal)
  • Violation du secret bancaire : 1 à 6 mois de prison, 10 000 à 50 000 MAD d'amende (art. 89 Loi 103-12)
  • L'indemnisation du client :

  • Restitution des sommes indûment perçues (avec intérêts au taux légal 6 %)
  • Dommages-intérêts pour le préjudice subi
  • Publication de la décision (à la demande du client)
  • Les class actions (pas encore disponibles en droit marocain, mais projet de loi en discussion depuis 2016) :

  • Projet de loi 31-13 sur les actions de groupe
  • Permettrait à une association de consommateurs d'agir pour le compte de plusieurs consommateurs
  • Pas encore votée
  • Le rôle de l'AMMC (Autorité Marocaine du Marché des Capitaux, ex-CDVM) :

  • Supervise les OPCVM, actions, obligations
  • Compétent pour les produits financiers (non bancaires)
  • Peut prononcer des sanctions (art. 67 Loi 43-12 de 2016)
  • Contentieux bancaire : tribunal de commerce ou TPI?

    Tribunal de commerce pour les commerçants/entreprises. Tribunal de première instance pour les particuliers. Prescription : 5 ans (art. 53 Loi 103-12).

    Carte bancaire : plafond 1 200 MAD

    Contestation d'opération frauduleuse par carte : plafond 1 200 MAD, délai 13 mois (art. 312-1 Code Commerce). Au-delà, charge de la preuve sur le client.

    Sources juridiques :

    art. 89 Loi 103-12art. 96 Loi 103-12art. 102 Loi 103-12art. 122 Loi 103-12art. 1754 CGIart. 312-1 Loi 15-95art. 317 Code Commerceart. 19 Loi 31-08art. 11 Loi 34-08

    Ressources connexes

    Autres domaines de droit

    Spécialités juridiques

    Tous les domaines du droit marocain

    Questions juridiques

    700+ réponses détaillées

    Annuaire des avocats

    50+ avocats au Maroc

    Une question juridique ?

    Mike, l'IA juridique de The Legal Seed, vous répond en 2 minutes. Aucune carte requise, confidentiel, bilingue.

    Parler à Mike →