Expulsion et interdiction du territoire marocain
L'expulsion d'un étranger du territoire marocain est régie par les articles 24 à 32 de la loi 02-03. Motifs, procédure, recours possibles.
Cadre légal
L'expulsion est régie par les articles 24 à 32 de la loi 02-03 du 11 novembre 2003. Elle est distincte de la reconduite à la frontière (qui est une mesure administrative immédiate).
Motifs d'expulsion
L'expulsion peut être prononcée lorsque l'étranger :
1. Séjour irrégulier : séjour sans titre de séjour valide (art. 24) 2. Menace à l'ordre public : condamnation pénale définitive (art. 25) 3. Activité illégale : travail sans autorisation, proxénétisme, trafic 4. Faux documents : usage de faux titres de séjour ou de faux passeports 5. Charge publique : l'étranger devient une charge pour l'assistance publique
Procédure
1. Mise en demeure
L'étranger reçoit une mise en demeure de quitter le territoire dans un délai de 30 jours (art. 27). Il peut régulariser sa situation dans ce délai.2. Décision d'expulsion
À l'expiration du délai, si l'étranger n'a pas quitté le territoire et n'a pas régularisé, le préfet peut prononcer l'expulsion, après avis du procureur du roi.3. Exécution
L'expulsion est exécutée par les forces de l'ordre. L'étranger est conduit à la frontière ou à l'aéroport. Les frais d'expulsion sont à sa charge (ou à celle de son employeur si la cause est un travail sans autorisation).Interdiction du territoire
L'expulsion s'accompagne d'une interdiction du territoire marocain pour une durée de :
Pendant cette période, l'étranger ne peut ni revenir au Maroc, ni obtenir un visa.
Recours
Recours gracieux
L'étranger peut former un recours gracieux auprès du préfet dans les 30 jours de la notification. Le préfet a 2 mois pour répondre. Le silence vaut rejet.Recours contentieux
En cas de rejet du recours gracieux, l'étranger peut saisir le tribunal administratif dans les 60 jours. Le juge peut :Effet suspensif
Le recours contentieux n'est pas suspensif : l'expulsion peut être exécutée pendant l'instruction du recours. Toutefois, le juge des référés peut ordonner un sursis si le risque est imminent.Cas particuliers
Étranger marié à un Marocain
L'expulsion d'un étranger marié à un Marocain ou parent d'un enfant marocain mineur est limitée. L'expulsion ne peut être prononcée que pour des motifs graves (menace à l'ordre public).Mineurs
Les mineurs étrangers ne peuvent pas être expulsés seuls. L'expulsion de la famille entière est possible, mais le juge prend en compte l'intérêt supérieur de l'enfant.Réfugiés
Les réfugiés politiques reconnus par le Bureau des réfugiés ne peuvent pas être expulsés vers un pays où leur vie serait menacée (principe de non-refoulement).Sanctions pénales complémentaires
Outre l'expulsion, l'étranger en séjour irrégulier est passible de :
Que faire en cas de procédure d'expulsion ?
1. Contacter immédiatement un avocat spécialisé en droit des étrangers 2. Préparer les justificatifs de régularité du séjour (carte valide, récépissé, etc.) 3. Former un recours gracieux dans les 30 jours 4. Saisir le tribunal administratif en cas de rejet 5. Demander un sursis au juge des référés si l'expulsion est imminente
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*Orientation juridique. En cas de procédure d'expulsion, consultez immédiatement un avocat spécialisé en droit des étrangers.*
Articles juridiques cités
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