Le mariage d'un mineur au Maroc : autorisation du juge
Le mariage d'un mineur au Maroc est exceptionnel : il requiert l'autorisation du juge de la famille, conformément à l'article 20 de la Moudawana. Le juge doit motiver sa décision et vérifier la capacité physique et morale du mineur.
Le cadre légal
Le mariage d'un mineur est régi par :
Le principe
L'article 19 fixe la capacité matrimoniale à 18 ans révolus pour les deux sexes. Toutefois, l'article 20 prévoit une exception : le juge de la famille peut autoriser le mariage d'un garçon ou d'une fille âgés de moins de 18 ans.
Les conditions
Le juge ne peut autoriser le mariage d'un mineur que si (article 20) :
1. Une demande justifiée est déposée par les père et mère, ou le tuteur légal ;
2. Une expertise médicale est réalisée pour évaluer la capacité physique et psychique du mineur ;
3. Le juge a entendu les parents et le mineur ;
4. Le juge a motivé sa décision par l'intérêt du mineur.
La procédure
1. Demande
La demande est déposée par les parents (ou le tuteur légal) auprès du tribunal de la famille du lieu de résidence du mineur. Elle doit indiquer :
2. Expertise médicale
Le juge ordonne une expertise médicale pour vérifier :
3. Audience
Le juge auditionne :
4. Décision
Le juge statue par jugement motivé. La décision doit préciser :
Les critères d'appréciation
Le juge apprécie l'intérêt du mineur en fonction de :
La motivation obligatoire
L'article 20 impose une motivation détaillée du jugement. Le juge doit expliquer pourquoi l'autorisation est dans l'intérêt du mineur.
Le recours
Le procureur du Roi peut interjeter appel du jugement dans les 15 jours suivant la décision. L'appel est porté devant la Cour d'appel.
Les parents et le mineur peuvent également interjeter appel.
La statistique
Malgré une tendance à la baisse, le nombre d'autorisations de mariage de mineurs reste élevé au Maroc (environ 20 000 par an selon les statistiques du Ministère de la Justice), majoritairement au profit de filles.
Les conséquences du mariage
Le mariage d'un mineur entraîne :
1. L'émancipation du mineur (capacité juridique pleine) ;
2. La fin de l'autorité parentale ;
3. Le droit de gestion de ses biens.
Le divorce du mineur marié
Le mineur marié peut divorcer selon les procédures ordinaires de la Moudawana (chiqaq, talak, etc.). Toutefois, le juge doit veiller à la protection du mineur.
La prescription
Les actions en nullité du mariage d'un mineur pour défaut d'autorisation du juge se prescrivent par 5 ans à compter de la célébration (article 78 de la Moudawana).
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Sources juridiques
- moud-art-78
- moudawana-art-78
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